Y1-CONSTRUCTION d'une RELIGION

construction d'une religion

CONSTRUCTION d'une RELIGION

Y11- Petit dictionnaire pour comprendre les religions

Voir quelques définitions concernant les religions dans le tableau-dictionnaire en exergue

 

Y12.Définitions préalables, d'ordre ontologique

L'ontologie (étude de l'être) nous indique un certain nombre de notions générales qu'on retrouvera en application, pour la construction d'une religion

Un principe est une cause primordiale, une base constitutive des choses, un fondement de réalités, duquel découleront d'autres faits ou vérités.

Exemples >>

  • 1. le principe psychique est la pensée -d'où découleront intuition, morale, etc

  • 2. le principe de la dualité est une mise en opposition -dont découleront les divisions et concurrences-

  • 3. le principe de l'universel (le Tout, l'Absolu dominant, souvent exprimable comme le Sacré) -dont découleront la création du monde, de la vie, etc-

  • 4. on trouve aussi un peu partout la proposition hénologique (théiste) d'un principe unitaire. Ses synonymes sont ''le UN ou ''principe primaire'' ou ''au-delà de l'être'', ou ''hypostase primitive'' et parfois même ''le Bien'' (chez Plotin, chez les théosophes, etc)

L'essence  est le fait d'être (la réelle présence d'une chose ou d'un être)

L'existence  est le constat des caractéristiques de l'être (sa nature, expérimentalement appréhendée)

L'immanence (Chôra en grec, d'après Platon) est le principe exprimant la véracité intime d'une chose ou d'un être. C'est à la fois son essence (son impérissabilité, sa contingence, son état d'être), son autonomie interne (son existence, avec son éventuelle évolution) et sa personnalité intrinsèque (eccéité).

L'immanence est composée de deux éléments fondamentaux :

--le matériel (l'intériorité brute de l'être), auquel on attribue divers qualificatifs, selon l'être en cause (la matérialité peut être cosmique, ou astrale, ou atomique, ou corporelle...) Cette notion matérialiste est nommée Sôma chez les Grecs, Jing chez les Chinois. Le corps humain (enveloppe charnelle) fait partie de ces éléments matériels

--le spirituel (qui est nommé Pneumatikos chez les Grecs, Prana chez les Hindous, Buddhi chez les Tibétains, Holisme chez les Occidentaux, Shen chez les Chinois, Citta chez les Bouddhistes, Spiritus chez les Latins) comporte lui-même deux éléments composites :

  • 1.d'une part l'intellect (Noüs en grec) qui affecte aussi bien le vivant que l'inerte >> l'Homme est intelligent, mais les autres êtres vivants aussi, puisqu'ils savent lutter contre le temps pour survivre et perdurer (ils fabriquent de la néguentropie) et la matière inerte peut également être intelligente, aussi bien à travers des robots à intelligence artificielle, qu'à travers des notions comme l'énergie (qui est un élément purement physique, mais qui a cependant conscience d'exister, puisque l'énergie ''sait'' qu'elle ne doit pas disparaïtre, malgré les multiples transformations que les contraintes du milieu lui font subir à chaque instant, et qui est nommée conservation de l'énergie) .L'intellect est le support de l'intelligence, qui est plutôt considérée -pour l'homme- comme présente dans son cerveau gauche. L'intelligence est l'opération partant de l'analyse logique des sensations apportées par nos sens au cerveau; puis le raisonnement concentre à l'extrême lesdites données sensitives, les compare à celles déjà mémorisées comme devant être les meilleures pour la survie de l'être et aboutit au meilleur choix On peut inclure dans l'intellect les notions de conscience (et de subconscience), dont l'issue patente est la recherche du bonheur...   L'intelligence semble construite par traitement linéaire des neurones

  • 2.d'autre part l'âme (ou Psyché en grec avec les composantes dites Pneuma, Thyros, Kardia) ou dite Qi en chinois, ou Bâ en égyptien, ou Prâna et Atma en hindou ou Orgone chez Reich, ou force de vie ou corps vital, etc....  ) L'âme-psyché inclut les notions de mental, de pensée, de sensibilité, de volonté, de raison de vivre, ....) Cette partie du spirituel est considérée comme surtout issue de l'hémisphère droit du cerveau humain. Il semble que le traitement neuronal soit cette fois en réseau et vienne se superposer à l'intellect, en y puisant certes des éléments concrets, mais en y ajoutant surtout le souffle vital. Le Psyché implique l'esprit créateur, les émotions, la sensibilité morale....

  • L'étude des troubles de l'immanence est dite psychosomatisme

    Les éléments de fabrication d’un dieu

  • Quand les religions définissent un dieu, elles lui attribuent entre autres, une immanence (une personnalité), qui est similaire à celle de tout être, c'est à dire composée des divers éléments cités ci-dessus (partie matérielle, partie intellectuelle et partie psyché)

  • Selon le type de dieu, l'immanence qui lui est affectée comprend des répartitions diverses et inégales entre matériel et spirituel.En effet, quand les dieux sont des astres, des arbres, ou autres objets, on a évidemment une prépondérance d'immanence matérielle. Mais quand les dieux sont munis de composantes spirituelles (comme ceux du Bouddhisme, des monothéismes classiques et assimilés) on leur affecte une immanence à prépondérance spiritualo-psychique

  • Mais les dieux sont aussi (et surtout) munis d'une transcendance.

    La transcendance est un principe d'enveloppement subtil, insondable, immatériel, hors des limites de l'entendement humain, qui représente le Un, l'Absolu. La transcendance divine est une qualité (une caractéristique) du dieu, qui submerge ses autres caractéristiques. Elle phagocyte en particulier l'immanence divine vue ci-dessus. La transcendance n'est pas opposable à l'immanence divine, elle n'est pas dualiste à son égard, car il n' y a ni parallèlisme, ni juxtaposition, ni opposition entre les 2 notions >> l'immanence est une composante de la transcendance, qui est l'enveloppe de tous les autres composants. Cette transcendance permet de consolider, de faire sourdre la valorisation de l'immanence et cela dans une continuité temporelle (la permanence)

     

Une monade (notion créée par Leibniz) est l'unité ultime (élémentaire) d'une quelconque implication de l'immanence.

La monade est patente dans la création de l'Etre, elle est imperméable à tous agents externes, mais elle est éventuellement évolutive intérieurement, dans sa causalité.

--S'il s'agit du monde matériel, la monade est une énergie basique (telle l'électronVolt)

--S'il s'agit du monde spirituel, elle est dite hypostase (c'est un suppôt, un fondement essentiel du spirituel, une ousie ou ousios comme disaient les Grecs)

--S'il s'agit du corps humain, la monade est dite composante d'individualité

Une hypostase (dite aussi monade spirituelle) est une monade -donc un élément constitutif de base- de la partie du "spirituel" incluse dans l'immanence. C'est un quantum d'immanence spirituelle.

Cette notion d'hypostase a pris beaucoup d'importance chez les Chrétiens, car leur religion, bien que monothéiste, a inventé un découpage de son Dieu en 2 parties (donc 2 hypostases) en arguant que les éléments de découpage de Dieu ne devaient pas être considérés comme une séparation. Le christianisme aura toutefois beaucoup de mal à faire comprendre que couper quelque chose en deux n'est pas une dissociation. Surtout que plus tard, certains théoriciens chrétiens inventèrent même 3 hypostases. Surgirent donc de multiples explications aussi pénibles les unes que les autres (l'une d'entre elles surnagea - c'est le christianisme- et les autres furent dites sectes , la plupart étant bien sûr considérées comme des hérésies)  

Le phénomènisme est la théorie exprimant que toute perception d'une monade n'a de validité qu'à travers sa valeur sensorielle (sa réalité n'est concrètisable que grâce à nos sens)

--S'il s'agit de l'intellect, la monade est la conscience

--S'il s'agit de l'âme, c'est le psy

La monade est donc une "particule élémentaire" d'immanence. 

L'entéléchie est ce qui révèle la monade à notre perception dans le vécu (c'est le passage à l'acte, c’est la révélation d’une puissance potentielle

Nota: chez les Théosophes, les monades sont définies comme des étincelles divines et elles sont comptabilisées (il y en a paraît-il 60 milliards..........)

La Monade (avec un M majuscule) est par contre considérée comme l'ensemble des monades de la partie ''conscience'' de l'immanence divine. Cet ensemble (Monade) est fractal par rapport aux monades élémentaires: il en est l'expression, sous forme d'un ''grand principe unitaire''

Le vitalisme est une théorie qui prétend que la Monade (composition de petites monades élémentaires de conscience) est plus élaborée que la somme de ses constituants.Le groupage initierait l’émergence de nouvelles structures, de nouvelles qualités, de néo-organisations complexes –un peu comme une fourmilière—et qui serait peut-être un début d’explication de la transcendance

L’émergence est l’apparition d’une qualité immanente chez un dieu

La conscience est une activation de l'esprit humain. Elle fait partie de l'intellect, comme vu ci-dessus.

La quintessence  était naguère le champ d'interaction entre ce qu'on estimait être alors les 4 constituants fondamentaux de l'immanence (la terre, l'eau, l'air, le feu) Mais plus tard, cette composition basique a évolué (on l'a compressée) et la définition de la quintessence est devenue: le lien entre le condensat ''matière d'une chose'' (terre & eau réunis) et son ''substrat spirituel'' (air & feu réunis).

La nouvelle quintessence est donc la liaison entre les éléments (matériel + spirituel) d'une immanence expurgée de tous les constituants psys

L'âme est la partie psychique de l'homme et elle constitue une partie très spécifique de l'immanence

 

Y13-Définition d'une religion- Qu'est-ce qu'une religion ?

Une religion est une composition théorique de pensées, inventée par l'homme pour essayer de répondre aux 4 questions fondamentales qui le taraudent >>

-- d'ou vient-on ? (comment expliquer notre origine sur Terre, donc notre naissance ?)

-- que faisons-nous ici-bas ? (justification de notre présence sur Terre ?)

-- comment peut-ogérer notre vie au mieux possible ?

-- pourquoi sommes-nous mortels ? (la mort humaine est-elle inéluctable ?)

 

En face de ces 4 questions, dont les réponses dépendent peu de la logique, l'homme a trouvé utile de fabriquer un système ésotérique dit ''religion'', qui prétend expliquer de façon péremptoire les mystères de son monde, de sa vie et (pourquoi pas) de sa mort.... Pour que la religion ait une possibilité d'action, il faut commencer par donner au principe religieux le pouvoir

La religion définit à cet effet une entité idéale, supra-humaine, dotée de connaissances et de moyens surnaturels et ceci va permettre de prétendre tout expliquer, de tout savoir gérer et de tout diriger. On nomme cette entité de puissance absolue : le Sacré  

Celui-ci possède donc des caractéristiques utopiques, mais supposées idéales, comme l'omniprésence, l'omniscience, le surpassement, la perfection, la maîtrise du monde naturel, l’explication des évènements surnaturels (y compris la création et la gestion du monde) et -puisque tout est possible avec ce Sacré, il maîtrise également l'immortalité. Donc, avec un Sacré aussi puissant et aussi performant, l'homme va être dégagé de ses problèmes habituels, puisqu'il va suffire de les sous-traiter à cette entité improbable, pour que tout soit résolu

Et les entités idéales, qui sont chargées de manoeuvrer  le Sacré, sont dénommées les dieux.

Un groupement de dieux (avec leur historique) constitue une mythologie.

Les dieux ont des adjoints, dénommés divinités ou déités, ainsi que de moindres comparses un peu moins irréels, dits héros et ils ont un un grand nombre d’adjoints (des aides humains, dits chamans ou prêtres)

Le regroupement de l'ensemble des personnalités divines, réunies dans une même religion est dit panthéon

 

Y14-Définition du Sacré

-QU'EST-CE QU'UN DIEU ? 

Une excellente définition de DIEU est donnée par le « Centre national des ressources textuelles et lexicales (www.cnrtl.fr/lexicographie/dieu) >>>

Un dieu est un Être appartenant au monde supérieur ou inférieur, doué de qualités de transcendance qui l'autorisent à coexister avec des êtres de même rang. Il est doté d'attributs, notamment anthropomorphes, se manifestant dans ses missions auprès des hommes, avec lesquels il entre en relation pour orienter leur existence ou pour satisfaire son besoin de communication et dont il reçoit l'hommage cultuel.

L'homme a fabriqué les dieux afin qu’ils soient les gestionnaires de ses incertitudes et de ses espoirs.  Pour qu’un dieu soit crédible, pour que l'homme de la rue puisse comprendre comment il est fait, les religions prêtent aux dieux des qualités identiques à celles de l'homme: donc chaque dieu est un être muni d'une qualité propre (c'est ce qu'on appelle l'immanence) et en sus une qualité plus spécifique, plus subtile et submergeante (que l'on nomme transcendance)

L'immanence (divine)  est le principe basique exprimant la véracité intime d'un être divin. C'est à la fois son essence (son état d'Etre divin), son existence (son autonomie interne) et sa personnification (son individualité). Comme n'importe quelle immanence, l'immanence divine est constituée de deux éléments :

--l'élément matériel (l'apparence brute du Sacré), particulièrement marquante quand les dieux sont des astres, des arbres, ou autres objets

--l'élément spirituel qui comporte lui-même deux composantes :

  • .d'une part l'intellect, ou intelligence, qui est la partie de spiritualité qu'on prête aux dieux pour dire qu'ils ont de la conscience et du discernement

  • .d'autre part l'âme qui inclut des notions de mental, de pensée, de sensibilité, de volonté et de morale, que l'on suppose aussi être des qualités incluses dans la partie spirituelle de l'immanence d'un dieu

La transcendance (notion nécessairement divine quand il s'agit de religion)-déjà définie ci-dessus § Y12-- est un principe d'enveloppement subtil, qui phagocyte la ci-dessus immanence divine en la submergeant (c'est un peu comme la membrane d'une  cellule vivante, enveloppant le cytoplasme interne, comparable lui-même alors à l'immanence) Sauf que la transcendance est immatérielle, ce qui en fait un principe hautement virtuel.

La transcendance n'est pas opposable à l'immanence divine, elle n'est pas dualiste à son égard, car il n'y a ni parallèlisme, ni juxtaposition, ni opposition entre les 2 notions : il y a en fait engloutissement de l'immanence par la transcendance

Cette dernière est inventée pour consolider, pour mieux faire sourdre la valorisation de l'immanence divine et cela dans une continuité temporelle (la permanence)

La transcendance n'est pas perceptible aux expérimentations ou explications : elle est irréductible, inexpérimentable et hors de l'entendement logique. C'est un éther ou mystère idéalisé, incompréhensible certes, mais qui en devient par là-même envoûtant à découvrir par l'homme, curieux de toujours comprendre, même en essayant de comprendre la définition du mot "incompréhensible". Les motivations humaines deviennent de ce fait parfaitement étranges.

En effet l'homme essaie de découvrir la transcendance à l'occasion de démarches liées à l'intuition, ou à la curiosité, ou à la prescience d'un but, ou au besoin de finalité, ou à la recherche de rupture d'isolement, ou à la déroute mentale créée par une perdition, ou bien à d'autres états mentaux du même genre.....

 L'aboutissement, acquis par la perception du transcendantal, est dénommé l'accès au divin (c'est à dire l’accès aux dieux, qui en sont les constituants essentiels)

Cet accès est possible à partir de diverses méthodes (divinisme, holisme, gnostiocisme, apologétisme….)

Dès que l’adepte sait y être parvenu, il éprouve une haute satisfaction, qu'on nomme, selon les cas : "la découverte de l'Absolu", ou "la Connaissance intrinsèque", ou la "Communion avec l'idéalisation"

Cette accession à l'état transcendantal permet (en complément) de prendre aussi conscience du temps (la temporalité) et le passé s'incruste ainsi dans la possible appréhension d'un futur idéalisé.On est ici dans la définition même d'un mythe (évènement atemporel, porté à l’idéalisation sociétale à travers le Sacré)

Grâce à toutes ces notions ésotériques, le dieu (qui est transcendantal) est donc à la fois l'au-delà et l'en-dedans des choses.

Il est supérieur, puisqu'il englobe l'intérieur (la matière, l'esprit, l'âme) et qu’il en est -en plus- l'enveloppe extérieure (l'insondable)

Comme il est impossible de cerner Dieu par la logique, on ne peut l'appréhender qu'avec la croyance et la foi, c'est à dire qu'on se doit de le prendre tel quel, comme un paquet-cadeau.

La position du Mystique résulte de l'intuition qu'il ressent envers le rôle bénéfique d'un accès à la transcendance, grâce à laquelle il va essayer de déceler le contact divin qu'on nomme révélation. La révélation est dite illuminisme (ou schwärmereg) quand elle est particulièrement intense, ou plus directement personnelle

Si une révélation est perçue à travers des opérations magiques incluses dans une religion elle est dite ''science divinatoire''

 

Le dieu transcendant est très difficile à qualifier, car c'est une entité métaphysique munie d'attributs grandioses (omniscience, omnipotence, éternité, créativité, moralité, infinité, perfection), mais il reste malgré tout invisible, ce qui ne facilite pas sa dénomination.

On propose souvent des qualificatifs, choisis parmi les mots : lumière, grandeur, miséricorde, souffle, perfection, toute puissance, être suprême, grand architecte, loi, verbe, principe ....

Si l'on doit s'arrêter à un seul terme dense pour définir un Dieu , mieux vaut choisir Puissance surnaturelle.

En réalité, aucun terme très concentré ne peut convenir, pour exprimer l'enveloppe globale de tout ce qu'implique Dieu >>

Dieu c'est Dieu et rien d'autre

Blaise Pascal en donna la définition ci-après: Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

Cela rappelle d'ailleurs les définitions du big bang et du trou noir....

 

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