MYTHES de RELIGION : STRUCTURE des RELIGIONS

construction d'une religion

CONSTRUCTION d'une RELIGION

Y11- Petit dictionnaire pour comprendre les religions

Voir quelques définitions concernant les religions dans le tableau-dictionnaire en exergue

 

Y12.Définitions préalables, d'ordre ontologique

L'ontologie (étude de l'être) nous indique un certain nombre de notions générales qu'on retrouvera en application, pour la construction d'une religion

Un principe est une cause primordiale, une base constitutive des choses, un fondement de réalités, duquel découleront d'autres faits ou vérités.

Exemples >>

  • 1. le principe psychique est la pensée -d'où découleront intuition, morale, etc

  • 2. le principe de la dualité est une mise en opposition -dont découleront les divisions et concurrences-

  • 3. le principe de l'universel (le Tout, l'Absolu dominant, souvent exprimable comme le Sacré) -dont découleront la création du monde, de la vie, etc-

  • 4. on trouve aussi un peu partout la proposition hénologique (théiste) d'un principe unitaire. Ses synonymes sont ''le UN ou ''principe primaire'' ou ''au-delà de l'être'', ou ''hypostase primitive'' et parfois même ''le Bien'' (chez Plotin, chez les théosophes, etc)

L'essence  est le fait d'être (la réelle présence d'une chose ou d'un être)

L'existence  est le constat des caractéristiques de l'être (sa nature, expérimentalement appréhendée)

L'immanence (Chôra en grec, d'après Platon) est le principe exprimant la véracité intime d'une chose ou d'un être. C'est à la fois son essence (son impérissabilité, sa contingence, son état d'être), son autonomie interne (son existence, avec son éventuelle évolution) et sa personnalité intrinsèque (eccéité).

L'immanence est composée de deux éléments fondamentaux :

--le matériel (l'intériorité brute de l'être), auquel on attribue divers qualificatifs, selon l'être en cause (la matérialité peut être cosmique, ou astrale, ou atomique, ou corporelle...) Cette notion matérialiste est nommée Sôma chez les Grecs, Jing chez les Chinois. Le corps humain (enveloppe charnelle) fait partie de ces éléments matériels

--le spirituel (qui est nommé Pneumatikos chez les Grecs, Prana chez les Hindous, Buddhi chez les Tibétains, Holisme chez les Occidentaux, Shen chez les Chinois, Citta chez les Bouddhistes, Spiritus chez les Latins) comporte lui-même deux éléments composites :

  • 1.d'une part l'intellect (Noüs en grec) qui affecte aussi bien le vivant que l'inerte >> l'Homme est intelligent, mais les autres êtres vivants aussi, puisqu'ils savent lutter contre le temps pour survivre et perdurer (ils fabriquent de la néguentropie) et la matière inerte peut également être intelligente, aussi bien à travers des robots à intelligence artificielle, qu'à travers des notions comme l'énergie (qui est un élément purement physique, mais qui a cependant conscience d'exister, puisque l'énergie ''sait'' qu'elle ne doit pas disparaïtre, malgré les multiples transformations que les contraintes du milieu lui font subir à chaque instant, et qui est nommée conservation de l'énergie) .L'intellect est le support de l'intelligence, qui est plutôt considérée -pour l'homme- comme présente dans son cerveau gauche. L'intelligence est l'opération partant de l'analyse logique des sensations apportées par nos sens au cerveau; puis le raisonnement concentre à l'extrême lesdites données sensitives, les compare à celles déjà mémorisées comme devant être les meilleures pour la survie de l'être et aboutit au meilleur choix On peut inclure dans l'intellect les notions de conscience (et de subconscience), dont l'issue patente est la recherche du bonheur...   L'intelligence semble construite par traitement linéaire des neurones

  • 2.d'autre part l'âme (ou Psyché en grec avec les composantes dites Pneuma, Thyros, Kardia) ou dite Qi en chinois, ou Bâ en égyptien, ou Prâna et Atma en hindou ou Orgone chez Reich, ou force de vie ou corps vital, etc....  ) L'âme-psyché inclut les notions de mental, de pensée, de sensibilité, de volonté, de raison de vivre, ....) Cette partie du spirituel est considérée comme surtout issue de l'hémisphère droit du cerveau humain. Il semble que le traitement neuronal soit cette fois en réseau et vienne se superposer à l'intellect, en y puisant certes des éléments concrets, mais en y ajoutant surtout le souffle vital. Le Psyché implique l'esprit créateur, les émotions, la sensibilité morale....

  • L'étude des troubles de l'immanence est dite psychosomatisme

    Les éléments de fabrication d’un dieu

  • Quand les religions définissent un dieu, elles lui attribuent entre autres, une immanence (une personnalité), qui est similaire à celle de tout être, c'est à dire composée des divers éléments cités ci-dessus (partie matérielle, partie intellectuelle et partie psyché)

  • Selon le type de dieu, l'immanence qui lui est affectée comprend des répartitions diverses et inégales entre matériel et spirituel.En effet, quand les dieux sont des astres, des arbres, ou autres objets, on a évidemment une prépondérance d'immanence matérielle. Mais quand les dieux sont munis de composantes spirituelles (comme ceux du Bouddhisme, des monothéismes classiques et assimilés) on leur affecte une immanence à prépondérance spiritualo-psychique

  • Mais les dieux sont aussi (et surtout) munis d'une transcendance.

    La transcendance est un principe d'enveloppement subtil, insondable, immatériel, hors des limites de l'entendement humain, qui représente le Un, l'Absolu. La transcendance divine est une qualité (une caractéristique) du dieu, qui submerge ses autres caractéristiques. Elle phagocyte en particulier l'immanence divine vue ci-dessus. La transcendance n'est pas opposable à l'immanence divine, elle n'est pas dualiste à son égard, car il n' y a ni parallèlisme, ni juxtaposition, ni opposition entre les 2 notions >> l'immanence est une composante de la transcendance, qui est l'enveloppe de tous les autres composants. Cette transcendance permet de consolider, de faire sourdre la valorisation de l'immanence et cela dans une continuité temporelle (la permanence)

     

Une monade (notion créée par Leibniz) est l'unité ultime (élémentaire) d'une quelconque implication de l'immanence.

La monade est patente dans la création de l'Etre, elle est imperméable à tous agents externes, mais elle est éventuellement évolutive intérieurement, dans sa causalité.

--S'il s'agit du monde matériel, la monade est une énergie basique (telle l'électronVolt)

--S'il s'agit du monde spirituel, elle est dite hypostase (c'est un suppôt, un fondement essentiel du spirituel, une ousie ou ousios comme disaient les Grecs)

--S'il s'agit du corps humain, la monade est dite composante d'individualité

Une hypostase (dite aussi monade spirituelle) est une monade -donc un élément constitutif de base- de la partie du "spirituel" incluse dans l'immanence. C'est un quantum d'immanence spirituelle.

Cette notion d'hypostase a pris beaucoup d'importance chez les Chrétiens, car leur religion, bien que monothéiste, a inventé un découpage de son Dieu en 2 parties (donc 2 hypostases) en arguant que les éléments de découpage de Dieu ne devaient pas être considérés comme une séparation. Le christianisme aura toutefois beaucoup de mal à faire comprendre que couper quelque chose en deux n'est pas une dissociation. Surtout que plus tard, certains théoriciens chrétiens inventèrent même 3 hypostases. Surgirent donc de multiples explications aussi pénibles les unes que les autres (l'une d'entre elles surnagea - c'est le christianisme- et les autres furent dites sectes , la plupart étant bien sûr considérées comme des hérésies)  

Le phénomènisme est la théorie exprimant que toute perception d'une monade n'a de validité qu'à travers sa valeur sensorielle (sa réalité n'est concrètisable que grâce à nos sens)

--S'il s'agit de l'intellect, la monade est la conscience

--S'il s'agit de l'âme, c'est le psy

La monade est donc une "particule élémentaire" d'immanence. 

L'entéléchie est ce qui révèle la monade à notre perception dans le vécu (c'est le passage à l'acte, c’est la révélation d’une puissance potentielle

Nota: chez les Théosophes, les monades sont définies comme des étincelles divines et elles sont comptabilisées (il y en a paraît-il 60 milliards..........)

La Monade (avec un M majuscule) est par contre considérée comme l'ensemble des monades de la partie ''conscience'' de l'immanence divine. Cet ensemble (Monade) est fractal par rapport aux monades élémentaires: il en est l'expression, sous forme d'un ''grand principe unitaire''

Le vitalisme est une théorie qui prétend que la Monade (composition de petites monades élémentaires de conscience) est plus élaborée que la somme de ses constituants.Le groupage initierait l’émergence de nouvelles structures, de nouvelles qualités, de néo-organisations complexes –un peu comme une fourmilière—et qui serait peut-être un début d’explication de la transcendance

L’émergence est l’apparition d’une qualité immanente chez un dieu

La conscience est une activation de l'esprit humain. Elle fait partie de l'intellect, comme vu ci-dessus.

La quintessence  était naguère le champ d'interaction entre ce qu'on estimait être alors les 4 constituants fondamentaux de l'immanence (la terre, l'eau, l'air, le feu) Mais plus tard, cette composition basique a évolué (on l'a compressée) et la définition de la quintessence est devenue: le lien entre le condensat ''matière d'une chose'' (terre & eau réunis) et son ''substrat spirituel'' (air & feu réunis).

La nouvelle quintessence est donc la liaison entre les éléments (matériel + spirituel) d'une immanence expurgée de tous les constituants psys

L'âme est la partie psychique de l'homme et elle constitue une partie très spécifique de l'immanence

 

Y13-Définition d'une religion- Qu'est-ce qu'une religion ?

Une religion est une composition théorique de pensées, inventée par l'homme pour essayer de répondre aux 4 questions fondamentales qui le taraudent >>

-- d'ou vient-on ? (comment expliquer notre origine sur Terre, donc notre naissance ?)

-- que faisons-nous ici-bas ? (justification de notre présence sur Terre ?)

-- comment peut-ogérer notre vie au mieux possible ?

-- pourquoi sommes-nous mortels ? (la mort humaine est-elle inéluctable ?)

 

En face de ces 4 questions, dont les réponses dépendent peu de la logique, l'homme a trouvé utile de fabriquer un système ésotérique dit ''religion'', qui prétend expliquer de façon péremptoire les mystères de son monde, de sa vie et (pourquoi pas) de sa mort.... Pour que la religion ait une possibilité d'action, il faut commencer par donner au principe religieux le pouvoir

La religion définit à cet effet une entité idéale, supra-humaine, dotée de connaissances et de moyens surnaturels et ceci va permettre de prétendre tout expliquer, de tout savoir gérer et de tout diriger. On nomme cette entité de puissance absolue : le Sacré  

Celui-ci possède donc des caractéristiques utopiques, mais supposées idéales, comme l'omniprésence, l'omniscience, le surpassement, la perfection, la maîtrise du monde naturel, l’explication des évènements surnaturels (y compris la création et la gestion du monde) et -puisque tout est possible avec ce Sacré, il maîtrise également l'immortalité. Donc, avec un Sacré aussi puissant et aussi performant, l'homme va être dégagé de ses problèmes habituels, puisqu'il va suffire de les sous-traiter à cette entité improbable, pour que tout soit résolu

Et les entités idéales, qui sont chargées de manoeuvrer  le Sacré, sont dénommées les dieux.

Un groupement de dieux (avec leur historique) constitue une mythologie.

Les dieux ont des adjoints, dénommés divinités ou déités, ainsi que de moindres comparses un peu moins irréels, dits héros et ils ont un un grand nombre d’adjoints (des aides humains, dits chamans ou prêtres)

Le regroupement de l'ensemble des personnalités divines, réunies dans une même religion est dit panthéon

 

Y14-Définition du Sacré

-QU'EST-CE QU'UN DIEU ? 

Une excellente définition de DIEU est donnée par le « Centre national des ressources textuelles et lexicales (www.cnrtl.fr/lexicographie/dieu) >>>

Un dieu est un Être appartenant au monde supérieur ou inférieur, doué de qualités de transcendance qui l'autorisent à coexister avec des êtres de même rang. Il est doté d'attributs, notamment anthropomorphes, se manifestant dans ses missions auprès des hommes, avec lesquels il entre en relation pour orienter leur existence ou pour satisfaire son besoin de communication et dont il reçoit l'hommage cultuel.

L'homme a fabriqué les dieux afin qu’ils soient les gestionnaires de ses incertitudes et de ses espoirs.  Pour qu’un dieu soit crédible, pour que l'homme de la rue puisse comprendre comment il est fait, les religions prêtent aux dieux des qualités identiques à celles de l'homme: donc chaque dieu est un être muni d'une qualité propre (c'est ce qu'on appelle l'immanence) et en sus une qualité plus spécifique, plus subtile et submergeante (que l'on nomme transcendance)

L'immanence (divine)  est le principe basique exprimant la véracité intime d'un être divin. C'est à la fois son essence (son état d'Etre divin), son existence (son autonomie interne) et sa personnification (son individualité). Comme n'importe quelle immanence, l'immanence divine est constituée de deux éléments :

--l'élément matériel (l'apparence brute du Sacré), particulièrement marquante quand les dieux sont des astres, des arbres, ou autres objets

--l'élément spirituel qui comporte lui-même deux composantes :

  • .d'une part l'intellect, ou intelligence, qui est la partie de spiritualité qu'on prête aux dieux pour dire qu'ils ont de la conscience et du discernement

  • .d'autre part l'âme qui inclut des notions de mental, de pensée, de sensibilité, de volonté et de morale, que l'on suppose aussi être des qualités incluses dans la partie spirituelle de l'immanence d'un dieu

La transcendance (notion nécessairement divine quand il s'agit de religion)-déjà définie ci-dessus § Y12-- est un principe d'enveloppement subtil, qui phagocyte la ci-dessus immanence divine en la submergeant (c'est un peu comme la membrane d'une  cellule vivante, enveloppant le cytoplasme interne, comparable lui-même alors à l'immanence) Sauf que la transcendance est immatérielle, ce qui en fait un principe hautement virtuel.

La transcendance n'est pas opposable à l'immanence divine, elle n'est pas dualiste à son égard, car il n'y a ni parallèlisme, ni juxtaposition, ni opposition entre les 2 notions : il y a en fait engloutissement de l'immanence par la transcendance

Cette dernière est inventée pour consolider, pour mieux faire sourdre la valorisation de l'immanence divine et cela dans une continuité temporelle (la permanence)

La transcendance n'est pas perceptible aux expérimentations ou explications : elle est irréductible, inexpérimentable et hors de l'entendement logique. C'est un éther ou mystère idéalisé, incompréhensible certes, mais qui en devient par là-même envoûtant à découvrir par l'homme, curieux de toujours comprendre, même en essayant de comprendre la définition du mot "incompréhensible". Les motivations humaines deviennent de ce fait parfaitement étranges.

En effet l'homme essaie de découvrir la transcendance à l'occasion de démarches liées à l'intuition, ou à la curiosité, ou à la prescience d'un but, ou au besoin de finalité, ou à la recherche de rupture d'isolement, ou à la déroute mentale créée par une perdition, ou bien à d'autres états mentaux du même genre.....

 L'aboutissement, acquis par la perception du transcendantal, est dénommé l'accès au divin (c'est à dire l’accès aux dieux, qui en sont les constituants essentiels)

Cet accès est possible à partir de diverses méthodes (divinisme, holisme, gnostiocisme, apologétisme….)

Dès que l’adepte sait y être parvenu, il éprouve une haute satisfaction, qu'on nomme, selon les cas : "la découverte de l'Absolu", ou "la Connaissance intrinsèque", ou la "Communion avec l'idéalisation"

Cette accession à l'état transcendantal permet (en complément) de prendre aussi conscience du temps (la temporalité) et le passé s'incruste ainsi dans la possible appréhension d'un futur idéalisé.On est ici dans la définition même d'un mythe (évènement atemporel, porté à l’idéalisation sociétale à travers le Sacré)

Grâce à toutes ces notions ésotériques, le dieu (qui est transcendantal) est donc à la fois l'au-delà et l'en-dedans des choses.

Il est supérieur, puisqu'il englobe l'intérieur (la matière, l'esprit, l'âme) et qu’il en est -en plus- l'enveloppe extérieure (l'insondable)

Comme il est impossible de cerner Dieu par la logique, on ne peut l'appréhender qu'avec la croyance et la foi, c'est à dire qu'on se doit de le prendre tel quel, comme un paquet-cadeau.

La position du Mystique résulte de l'intuition qu'il ressent envers le rôle bénéfique d'un accès à la transcendance, grâce à laquelle il va essayer de déceler le contact divin qu'on nomme révélation. La révélation est dite illuminisme (ou schwärmereg) quand elle est particulièrement intense, ou plus directement personnelle

Si une révélation est perçue à travers des opérations magiques incluses dans une religion elle est dite ''science divinatoire''

 

Le dieu transcendant est très difficile à qualifier, car c'est une entité métaphysique munie d'attributs grandioses (omniscience, omnipotence, éternité, créativité, moralité, infinité, perfection), mais il reste malgré tout invisible, ce qui ne facilite pas sa dénomination.

On propose souvent des qualificatifs, choisis parmi les mots : lumière, grandeur, miséricorde, souffle, perfection, toute puissance, être suprême, grand architecte, loi, verbe, principe ....

Si l'on doit s'arrêter à un seul terme dense pour définir un Dieu , mieux vaut choisir Puissance surnaturelle.

En réalité, aucun terme très concentré ne peut convenir, pour exprimer l'enveloppe globale de tout ce qu'implique Dieu >>

Dieu c'est Dieu et rien d'autre

Blaise Pascal en donna la définition ci-après: Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

Cela rappelle d'ailleurs les définitions du big bang et du trou noir....

 

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la mise en oeuvre d'une religion

 

LA MISE en OEUVRE d'une RELIGION

 

Y21.Historique dans la construction des religions (histoire des religions)

 

Définir la structure du Sacré n'est pas facile, car les dieux sont invisibles, ils n'entrent pas dans la logique et ils sont trop idéaux pour être cernés....

 

On a donc tendance à les anthropomorphiser (on leur accorde volontiers des formes reconnaissables, des spiritualités humaines et il est courant de les considérer comme intelligents, psychologues et même sociaux)

Mais tout cela a été très progressif, au fur et à mesure de la modification des sociétés humaines:

 

--les plus anciennes civilisations transféraient leurs questionnements aux éléments de leur voisinage, qui leur semblaient exprimer la force, sinon la raison. Donc le soleil, les eaux, les animaux devinrent ainsi leurs éléments concrets de dévotions. Ce sont des religions polythéistes basiques

 

--avec l'amélioration de l'organisation des sociétés humaines, on fut amené à construire des sociétés de dieux (dites panthéon (§ Y13), construites sur le même modèle que celui des tribus : il fallait que les dieux aient un chef et il fallait établir des règles sociales. Ce furent les religions polythéistes structurées (la grecque étant la plus connue) Il y avait en général à son sommet, un dieu-chef intelligent, mais dont la morale était douteuse.

Parallèlement, il fallut émettre des règles dogmatiques, en général écrites, car -comme dans toute société humaine- il fallait contraindre les adeptes à adhérer au système, grâce à des lois verrouillant toute transgression

 

--plus tard, les qualités du chef des dieux furent considérées plus affinées et il devint fort, intelligent, disponible pour gérer le monde, y compris les problèmes humains. Il fut muni d'un minimum de qualités spirituelles et intellectuelles et il n'eut plus besoin de gros panthéon.Ce furent les religions spiritualistes, panthéistes et déjà monothéistes. Et leur dogme devint plus complexe

 

--et puis on évoqua que les dieux n'avaient pas que des qualités matérialo-spiritualistes et qu'il serait bon de leur attribuer une composante psy, comme pour l'Homme.On leur affecta donc une transcendance, c'est à dire une indéfinissable qualité de puissance totale, sur tout

 

--et enfin, on inventa l'utilitarisme des religions, en indiquant que si l'homme parvenait, par certaines manœuvres, à communiquer avec Dieu, il aurait alors accès à la Connaissance et sans doute même au Bonheur.

 

Y22-Formulation des thèses religieuses  

  Une thèse religieuse est un principe religieux (cause primordiale, dite immanence divine), à partir duquel on construit un accés à la transcendance divine 

 

La construction d'une thèse religieuse relève de la formulation ci-après :

 

M (les parties matérielles de l'immanence DIVINE) + S (les parties spirituelles de l'immanence DIVINE) >> grâce à C le chemin d'accès >> permet l'accès à T (l'enveloppe globale insondable, dite transcendance  

 

Ceci signifie qu'en partant des éléments M et S d'une immanence divine quelconque, et en prenant un chemin d'accès C (tel que vu § Y22 ci-dessus) on peut accéder à une forme de transcendance T

 

Cette équation transcendantale est généralisable à toutes thématiques philosophico-religieuses, avec des mots certes différents, mais avec structure similaire >>

 

- chez les néoplatoniciens, comme Plotin, on trouve

 

M (la présence) + S (l'âme ) >> C (l'accès au principe divin) >> T (le ''un'')

 

- en philosophie religieuse générale, on trouve :

 

M (le concret) + S (le spirituel ) >> C (le divinisme) >> T (l'essence enveloppante)

 

- dans l'existentialisme, qui n'est pas une religion, mais y est un peu assimilable, on a :

 

M (le corps et le psy de l'homme) >> C (la liberté de choisir sa vie) >> T (l'essence)

 

- en christianisme, on trouve :

 

M (le Christ) + S (le Père ) >> C (la gnose) >> T (le St esprit)

 

- en philo générale on propose :

 

M (la quiddité, c.à.d. les fonctions primordiales de l'être) + S (la quoddité, c.à.d. les fonctions secondaires de l'être) >> C(le principe de l'Être) >T (l'eccéité, ou individualité, c.à.d. les caractéristiques subtiles de l'être)

 

- chez les Grecs, le principe de Dionysos  reprend la même formulation, en l'appliquant à l'immanence humaine :   M (la puissance, c.à.d. la mise en condition des sens) + S (l'essence, c.à.d. la projection abstraite d'un futur acte) >> (l'entéléchie,c.à.d. le passage à l'acte) >> T (l'action humaine)

 

- on peut aussi faire l'assimilation avec la Physique atomique, pour laquelle

 M (le neutron) + S (le proton, chargé de l'électricité -qui est assimilable à du spirituel-) >> C (le champ de force forte) >> T (le noyau)

 

  • dans certaines religions, on peut avoir soit M = 0 (cas des religions panthéistes), soit S = 0 (cas des religions poly ou hénothéistes), soit T = 0 (cas de religions athées ou à monisme restreint)

 

 Y23.méthodologie pour usage d'une religion

 

1.il faut une méthodologie pour établir des relations avec la Puissance transcendantale 

 

  • afin de favoriser la connaissance du sacré, il faut établir des règles dogmatiques et morales, débouchant sur des rites  Tout cela ayant pour rôle de bien structurer et valider le système religieux.Un dogme (l'ensemble des règles), est considéré comme ''totalité organique indissociable'', c'est à dire un formalisme intangible envers lequel la moindre modification est taxable d'hérésie (divergence punissable)

  • l'ensemble des règles chrétiennes est nommé canon

 

2.il faut essayer de communiquer avec la Puissance surnaturelle

 C'est le rôle des rites (prières, gestuelles, communautés, initiations...)

  Mais comme l'application des rites est délicate, on confie cette tâche à des personnages qui se disent spécialisés (les prêtres, chamans, sorciers et assimilés) .Ces intermédiaires créent des cultes, avec de nouveaux rites et avec l'aide de mystères, qui sont des rites secrets initiatiques, incluant révélations ésotériques et serments. Les mystères sont presque exclusivement des rites religieux méditerranéens (ex. Orphisme)

L'initiation chez les Grecs était nommée myste (Eleusis)

Le contact avec le sacré est souvent d'ordre magique

 

--le contact peut se faire à travers un médium

 

--le channeling est par contre une possibilité de relation directe avec une entité étrangère à notre monde (ange, extraterrestre, divinité quelconque, démon....)

 

3. il faut insérer de la morale  dans le sacré, car tout fait religieux concerne la Société humaine.

 Les dieux (hélas pas tous) deviennent ainsi moralisateurs, mais l'homme n'interprètera leurs prescriptions qu'à la mesure de son égoïsme patent

  L'homme est toutefois globalement rassuré sur ses propres doutes, anxiétés et peurs, car la religion intronise une Puissance surnaturelle, qui est gestionnaire de la vie personnelle. Le divin peut ainsi prendre en charge le monde, ainsi que l'individu

 

4. en échange, les dieux exigent qu'on se dévoue  envers eux, sous la forme d'une reconnaissance et soumission totale, ce qui est toutefois proposé comme devant être agréable. Cela permet à l'homme de prétendre à la foi, de laquelle il saura se repaître, éjoui et ébloui

 Il y a toutefois des risques dans cette démarche, entre autres l'acceptation du fatalisme et l'aveuglement dogmatique (mysticisme)

 

 Y24-Les chemins d'accès au divin

 Pour accéder à la transcendance divine, il faut partir de l'immanence divine et prendre une voie d'accès. Les divers chemins d'accès à la transcendance permettront à notre conscience (celle de notre ''moi'') d'atteindre une ultime jonction avec la conscience du Tout (la Puissance surnaturelle).

 Les divers chemins d'accès à la transcendance (§Y12) sont souvent délicats. Ce sont >>

 

  • 1.le divinisme qui est le terme générique désignant un quelconque chemin d'accès au monde transcendantal.Un divinisme peut être dualiste s'il concerne une recherche d'accès depuis une immanence elle-même dualiste (comportant du matériel et  du spirituel).Sinon, il est moniste. Le divinisme est donc le chemin d'accès à la plénitude (dite plérôme chez les gnostiques) qui est l'acquisition de la transcendance, ce qui mène au salut et ouvre la connaissance (aussi bien la connaissance de l'universel, que celle de l'intemporel, que celle de l'égo)

  • 2.la gnose qui est un cas particulier de divinisme dualiste. Elle est une révélation à base initiatique, à travers un chemin glorieux entre le visible et l'invisible.Mais elle est structurellement ésotérique et comme l'a dit Tardieu : ''elle est cachée sous le silence'' La gnose (qui est surtout préconisée chez les chrétiens) implique la révélation, c'est à dire la connaissance de Dieu et elle rejette le corps, porteur du Mal.

  • 3.le gnosticisme qui est le nom de mouvements chrétiens entre les 1° et 6° siècles après J.C.On y trouve un dualime formel entre le Bien (le spirituel, fonction basique de Dieu) et le Mal (la matière, éternelle mais maléfique, créée par le Démiurge -ou Yaweh-) Ces gnostiques chrétiens furent classés comme sectataires, bien quesouvent incomplètement dualistes. Leurs grands maîtres gnostiques (II° et III° siècles) furent Basilidès, Saturnilos d'Antioche, Valentin et Marcion

  • 4.il y eut d'autres gnoses non chrétiennes (dualistes), qui menèrent à définir des religions comme le manichéisme, le mandéisme, le kabbalisme, l'hermésisme.....La secte chiite des duodécimains procède aussi d'une gnose similaire (dualiste)

  • 5.l'apologétique (ou apologétisme) est une gnose particulière, concernant uniquement le chemin d'accès depuis la partie spirituelle de l'immanence

  • 6.le pneumatisme est le chemin gnostique correspondant à la partie ''psy'' (âme) incluse dans l' immanence divine

  • 7.le thomisme  est la doctrine de Thomas d'Aquin, proposant un divinisme purement inféodé à la foi (avec toutefois une curieuse adjonction de recherche logique et aristotélicienne dans la mise en application de cette foi)

  • 8.le holisme est un divinisme concernant l'ensemble du spirituel (c.à.d. intellect + psychisme) de l'immanence divine. Il fait intervenir la sensitivité (la perception de nos sensations) en adjonction de la partie rationnalité (leur analyse) dans l'immanence divine. Cette accession holistique au ''tout'' transcendantal est considérée comme revalorisante, c'est à dire qu'elle permet de prétendre que le résultat (l'absolu transcendantal (§Y12)est supérieur à la somme des composants initiaux immanents. Le holisme est ainsi l'extra-valorisation du spirituel. Ce phénomène concernant le holisme est un cas particulier d'émergentisme, qui est une notion philosophique plus générale, exprimant que la globalité d'un élément construit, est généralement plus complexe, plus structurée, plus formalisée, que le laisserait apparaître la simple juxtaposition de ses éléments constitutifs Par exemple une forme d'émergentisme est le vitalisme qui exprime qu'un être vivant est ''bien plus'' que la somme empaquetée de ses uniques composants chimio-cellulaires.Le holisme sous-tend des questions métaphysiques (la valeur de l'être dans l'univers, la critique de son existence, de son évolution et de sa pérennité)

  • 9.la synergie  est un divinisme concernant le groupage des partiesmatérielle et sensitive (corps et âme) de l'immanence divine.Elle est émergentiste et vient donc en opposition de l'élémentarisme, de l'atomisme ou du réductionnisme, qui sont trois notions voisines, prétendant réduire la constitution des choses (leur immanence) à un nombre aussi faible que possible de composants élémentaires (comme des particules, des monades, des atomes)

  • 10.le magianisme est un divinisme impliquant la magie et l'art divinatoire L'importance de la magie est telle qu'une section spéciale y est affectée (voir chapitres J11 et suivants)

  • 11.la méditation transcendantale est un chemin calme et réfléchi, permettant d'accèder à une mini transcendance (c'est à dire pas trop divine) et qui est usuellement nommée : "Conscience du soi" ou "Silence infini" ou "Pure félicité"

  • 12.le doute est une position hésitante, prise envers l'un des cheminements divinistes énumérés ici. Le doute n'est évidemment pas une méthode d'accès à la transcendance, ce n'est qu'un frein aux méthodes qui l'engendrent

  • 13.l'altruisme (au sens large) est un chemin d'accès à l'absolu, impliquant que l'immanence divine soit uniquement de composition purement psychique (qualités humaines) On y déifie l'homme. L'altruisme permet cependant, à lui tout seul, de connaître une certaine forme de sérénité

  • 14.l'agnosticisme nie l'existence de chemins d'accès vers le transcendantal (donc il nie tout ce qui est évoqué dans les paragraphes 1 à 13 ci-dessus). Il considère que la transcendance étant inaccessible à l'esprit humain, il faut  réfuter son existence : (c'est le scepticisme théologique)  La question de l'accès aux dieux ne peut même pas être posée, puisqu'un chemin n'existe que s'il peut mener quelque part

  • Remarque : toutes les notions citées dans ce paragraphe ne sont pas des religions.      Ce sont des cheminements, des moyens d'accès au principe trancendantal (donc ce sont seulement des éléments structurels permettant de construire les religions)

 

 

 

 

 

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les genres de religions

LES GENRES de RELIGIONS

Y51-Le déisme   est une doctrine affirmant l'existence d'une Puissance surnaturelle (sous forme de un ou plusieurs dieux   ayant des fonctions matérialistes et logiques (mais pas psychiques). Les supports du déisme ne sont pas forcément religieux (il y a des déismes laïques ou athées), mais en tout cas sans accompagnement ni besoin de dogme.

Le déisme impose à son adepte d'avoir la conviction (la foi) en une présence qui surclasse tout, mais il n'y a pas de transcendance divine, donc pas de révélation 

 

Y52-Le théisme  est une croyance affirmant l'existence d'un (ou plusieurs) dieu(x), tout puissant(s), ayant d'une part toutes les qualités usuelles de l'immanence (donc des composantes matérielles, logiques et psychiques) et d'autre part une transcendance qui, quand l'adepte la découvrira (grâce à la révélation ou même l'illuminisme) est supposée lui donner la "connaissance"

En théisme, les dieux(Y14) sont actifs dans le cosmos (aussi bien au moment de sa création que pour sa gestion actuelle) Ils ont de la considération pour l'Homme, puisqu'ils acceptent de communiquer intimement avec lui (et l'homme se considère alors comme créé à l'image de Dieu)  

Le théisme est obligatoirement supporté par un dogme, qui n'est pas obligatoirement religieux

L'hénologie est un théisme, concernant l'étude du UN (concept de l'Etre transcendantal, dans lequel sont incluses toutes les propriétés idéalisées de la réalité, de l'unicité, de la véracité, de la bonté, de la justice et du bien) 

 

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les modèles de religions

LES MODELES de RELIGIONS

Etant donné qu'il y a 3 composants fondamentaux dans l'immanence divine, on distingue les possibilités suivantes >>

-soit les associer (tous les 3 composants) et ce regroupement est le modèle moniste

-soit les grouper par 2 et c'est le modèle dyadiste (dont une variante est nommée  dualisme)

-soit les opposer 1 à 1, sous le nom de modèle trialiste

 

Y61-Le premier de ces cas  est le MONISME 

C'est une thèse philosophico-religieuse (métaphysique) exprimant que les 3 éléments de l'immanence (le matériel, le spirituel et le psychique) sont intimement confondus dans une seule nature

Toutefois, pour distinguer la plus ou moins grande importance de tel ou tel de ces éléments, on accole un qualificatif approprié :

-s'il y a plutôt de la matière (dans l'immanence) = c'est un monisme métaphysique matérialiste (ou mécaniste ou réaliste)

-s'il y a plutôt du spirituel dans l'immanence = c'est du monisme métaphysique spiritualiste (ou rationaliste)

-s'il y a plutôt du psychisme dans l'immanence = c'est un monisme idéaliste

 

Y62-Le deuxième cas de modèle religieux est le DYADISME, c.à.d. une association entre 2 éléments fondamentaux de l'immanence divine

Quand il y a fusion de ces 2 éléments, c'est le dyadisme pur, c'est à dire une fusion de 2 dieux (une dyade)

Quand il y a opposition entre 2 de ces éléments, il s'agit de DUALISME, c'est à dire une bipolarité entre 2 conceptions présentes, mais opposables

(en schématisant : on perçoit du blanc  et on perçoit aussi du noir).

Le dualisme (qui est un cas particulier de dyadisme) est donc un état antinomique entre 2 perceptions qualitativement différentes

Bien sûr, quand on atteint la moyenne entre le (blanc) et le (noir) c'est à dire la complémentarité des contraires, on retombe dans le monisme vu ci-dessus (un accord moyen, un équilibre, une synthèse) 

Les Hindous >> vont même plus loin : ils proposent un tétralemme pour les dualismes >>>

--1.leur affirmation   --2.leur négation   --3.les 2 à la fois   --4.leur absence (ni l'un, ni l'autre)

Le dualisme dit moderne -qui est plus philosophique que religieux- est l'opposition entre l'objet en soi (objectum), contre le sujet en soi (cogitum)

 

Les dualismes rencontrés dans les religions sont surtout : le dualisme gnostique (le bien vs le mal), le dualisme temporel (l'avant vs l'après), le dualisme ontique (l'infini temporel transcendantal vs la finitude), le dualisme johannique- ou de St Jean- (la vérité vs le mensonge), le dualisme éthique (la morale vs la perversion), le dualisme platonicien (le corps vs l'esprit), le dualisme cosmique (ciel vs terre), le dualisme objectiviste (pérennité de l'immanence vs la vacuité )

 

Y63-Le troisième cas de modèle religieux  est le TRIALISME

Le trialisme est une opposition entre les 3 éléments de l'immanence divine (matière, logique, psychisme)

 

Y64-Les non-modèles religieux

-l'apathéisme  est le manque d'intérêt pour toutes les questions de religions

-l'athéisme  est la négation de toute forme de présence de dieu(x)

-l'impiété est le mépris envers les dogmes religieux

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mises en cause des religions

LES MISES en CAUSE des RELIGIONS

Les religions peuvent être mises en cause pour plusieurs raisons :

Y41-leur nocivité envers la société humaine

Elles provoquent des conflits incessants et les guerres de religions ont causé des drames meurtriers dans beaucoup de civilisations (des mythes en tous genres les soulignent)

 

Y42-leur nocivité envers la personne humaine

Le fait d'accéder au divin implique une absence de la rationalité et un abandon de la responsabilité individuelle

La destruction de la personnalité humaine au profit d'un système religieux préfabriqué et surtout intangible, est souvent perçu comme une réalité de déroute psychique (lavage de cerveau, qui existe aussi d'ailleurs pour des systèmes politiques)

Bien sûr, quand il s'agit de sectes à mobiles prégnants , c'est encore plus formel

Certains reprochent aussi l'aspect mortifère de la transcendance, qui nous enferme dans le temple de son isolement, au détriment de la joie naturelle de vivre

L'universisme >> est un mouvement anti-religieux occidental qui essaie de regrouper tous les les agnostiques, athées, déistes, monistes, post-modernistes, scientistes et autres variantes opposantes, pour lutter contre l'irrationalisme de la foi et des dogmes

Le transcendantalisme >>   est un autre mouvement anti-religieux (et anti-politique) américain du XIX° siècle, proposant une société communautaire humaniste où chacun devrait sublimer ses fonctions spirituelles et psychiques supposées transcendantales

 

Y43-les doutes sur la validité des dieux

Les dieux (Y14), malgré la respectueuse vénération dont on les entoure, ne sont pas des personnages fiables : ils doutent de leur valeur, ils se combattent en permanence, ils changent de fonctions au fil du temps, ils mettent en cause notre perception contingente

Les doutes des dieux envers eux-mêmes, sont proposés dans des textes multiples :

Bible >> La RÉVÉLATION est le témoignage que Jésus apporte aux hommes, pour dire que lui est en communication avec Dieu (Y14) ; mais ceci révèle l'incertitude de Dieu de se faire appréhender en direct par l'homme, puisqu'il envoie un témoin : Dieu doute de lui-même

Bible >> L'apocalypse est l'exposé d'une destruction finale, au profit de la reconnaissance d'une simple entité (le Verbe) qui est un avatar (R65) déique, supposé nécessaire pour que l'humanité comprenne ce que Dieu en direct n'a su lui faire comprendre

Grecs anciens >> Les guerres entre les Dieux, les Titans et les Géants, battent en brèches les apparentes qualités et convictions divines

Hindouisme >> Dans le Mahâbhârata, les (mauvais) oncles des (bons) PÂNDAVAS arrivent à éjecter ces derniers, au grand dam de la crédibilité des déités

Nordiques >> Le RAGNARÖK (le crépuscule des dieux Scandinaves) est le moment de la fin du monde, quand des guerres divines vont causer les destructions cosmiques ultimes

Les dieux meurent, entraînant bien sûr la disparition corrélative de l'Homme. On peut percevoir cette forme de suicide des dieux polythéistes, comme un abandon de la validité de ces dieux, au profit de la mise en place d'une certaine transcendance

 

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structures des religions (Ecrits et Dogmes)

LES STRUCTURES  RELIGIEUSES (ECRITS et DOGMES)

Construire une religion, nécessite de construire une charte, dont les éléments sont :

Y31-Des écrits fondateurs

--L’ADI GRANTH (1604) est le livre sacré des Sikhs

--L'AGAMA est le recueil des textes sacrés des jaïnistes

--L'AVESTA (de -1400 à -400) composé à base d'hymnes Ghâtâs, est le texte fondateur du Mazdéisme, qui fut promu en outre verbalement par ZARATHOUSTRA

--Le BARDO THODOL est un texte du bouddhisme thibétain, aidant le croyant à rechercher le meilleur cycle de réincarnations

--La BIBLE  est l'écrit fondateur judéo-chrétien.Elle présente plusieurs éditions  

***la version hébraïque (TANAKH, de -500 à -100) avec 3 chapitres : les Ecrits (Ketouvim), les Lois (dites Torah) et les Prophètes (Nevi'im)

***la version grecque (dite SEPTANTE, écrite entre -250 et -50) comporte un chapitre de plus (le Pentateuque)--

***la version chrétienne (entre +50 et +150) reprend la Tanakh sous le nom d'Ancien testament, puis adjoint un Nouveau testament, comportant:

---des Evangiles. Au sens étymologique, ce sont des ''bonnes nouvelles''. En pratique, ce sont des écrits, retraçant la vie des gens qui ont cotoyé JESUS, avec parfois des chapitres eschatologiques (fin des temps) et anagogiques (profondeur cachée des thèmes religieux)

On dénombre plus de 100 évangiles, écrits au-delà de l'an 40. Les plus connus furent choisis par IRENEE, êvêque de Lyon, vers l'an 200, qui en limita le nombre à 4 (en référence aux points cardinaux) Ce sont ceux des 4 évangélistes nommés MARC (rédaction v. l'an 65), LUC (v.l'an 75), MATTHIEU (v.l'an 80), et JEAN (v.l'an 95).

Mais bien d'autres évangiles sont connus, écrits plus tardivement et apocryphes (donc non agréés)

On les désigne sous le nom de la personne qui a cotoyé le Christ, tels l'évangile de JUDAS (écrit v. l'an 260), ou de PIERRE (v. 200), ou de NICODEME (v.350), ou de MARIE (v.430) etc

---un livre nommé Apocalypse (étymologiquement «Révélation» ou «mise au jour»), dont la rédaction, vers la fin du 1° siècle, est attribuée à un nommé JEAN (apôtre ou non) Ce texte comporte 22 paragraphes.

Nota 1: DANIEL, dans l'ancien testament, avait aussi écrit sur ce thème.

Nota 2 :Une dizaine d'autres auteurs ont écrit des "Apocalypses" dans les premiers siècles de notre ère, mais hors textes bibliques.

---22 Epitres (étymologiquement «lettres à destination d'une communauté), textes courts,écrits par PAUL, APOLLOS, BARNABE, JUDEE...à la même époque

***la version latine de la bible (la VULGATE,vers+ 400) reprend la totalité des textes antérieurs

--Le CORAN (vers l'an 620) est un livre islamique exprimant des sourates, divisées en versets, reprenant les préceptes que l'ange GAHRIEL aurait transmis à MAHOMET, celui-ci devenant alors le paraclet (intermédiaire entre Homme et Dieu)

--L'ENUMA ELISH (vers -2700) exprime la création du monde babylonien

--Les HADITHS sont des écrits musulmans plus tardifs que le Coran (IX° siècle), ils sont considérés comme les paroles que Dieu adressa au Prophète, et l'ensemble est dénommé SUNNA

--Le KITAB I AQDAS(v.1850) est le texte basique religieux des Bahais

--Le POPOL VUH (1555) est le livre maya de la génèse

--Le SEFER AH ZOHAR (- 100) est l'exegèse ésotérique de la Torah hébraïque et c'est l'écrit de base de la Kabbale

--Le THERAVADA (v. -250) présente un recueil d'écrits fondamentaux bouddhiques sous forme de 3 volumes nommés Abidharma, Sutra et Vinaya dont l'ensemble est nommé Tipitaka (la vérité universelle)

--Les TANTRAS sont des écrits complémentaires ultérieurs aux védas.

 Remarque : le terme Tantrisme est le qualificatif d'un hindouisme faisant référence à des tantras

--Le TAO TO KING (ou Dao Te Jing) ou Livre de la voie et de la vertu (-600) est le livre basique du Taoisme

--Les VÉDAS sont les révélations écrites du Sacré hindouiste (années -1500 à -600) avec les divers livres qui leur sont complémentaires = les Brahmanas (adjonctions), les Upanishads (théosophie védique), les Puranas, Ramayanas et Mahabharatas (mythologies), le Bhagavad Gita (résumé doctrinal)

Y32.Le dogme

Un dogme est l'ensemble des règles d'une religion, constituant un formalisme intangible Le dogme précise aussi les rites (à voir § R21) ainsi que le rôle des personnages affectés aux contacts avec les dieux (à voir § R61 et suivants)

Le dogme doit être largement diffusé :

a)) La religion doit faciliter l'adhésion intra-religieuse

L'adhésion personnelle envers une religion est motivée :

  • d'une part grâce à l'origine sociale de l'adepte (il fait partie d'un groupe pratiquant un culte existant et il en adopte les mêmes rites)

  • d'autre part par facilité (l'adepte est bien content de confier à Dieu la gestion de ses propres problèmes)

  • et enfin par la foi (la conviction que Dieu va venir montrer à l'adepte les certitudes de l'impalpable transcendance). Dans sa phase extrême, la foi devient la béatitude (ou extase ou illumination) -La symbolisation de la foi (en Méditerranée) est la salamandre, animal censé à la fois pouvoir vivre dans le feu et également susceptible d'éteindre ledit feu

b)) La religion doit entretenir la conviction de l'adepte,  donc il faut pratiquer un prosélytisme intense et un culte répétitif. C'est le rôle des ''Envoyés de Dieu'', des ''Frères missionnaires'', des sites spécialisés sur Internet, des prônes hebdomadaires dans les lieux de culte, des chaînes de radios thématiquement religieuses, etc

c)) La lenteur est un argument constant nécessaire à la mise en place du dogme religieux , qui n'est lui-même que très peu évolutif :

 -par exemple le brahmanisme provient de l'évolution du védisme, mais cette transition a demandé plusieurs siècles.

 -autre exemple, le christianisme a mis 451 ans pour inventer la Trinité et 1854 ans pour inventer l'immaculée conception de MARIE, la mère de JESUS.

 

Donc la religion se doit de convaincre en continu, sans pour autant se dédire des antériorités dogmatiques

La recherche de Dieu (Y14) est considéré comme un acte lent, répétitif, sempiternel

 (elle est nommée hésychia chez les orthodoxes)

d)) La promotion à divers étages est une nécessité basique et l'exemple de la religion chrétienne est en cela assez pertinent >>

on y remarque 5 versions principales d'actions publiques de promotion :

  • le kérygme est la profession de foi publique, à base de récitation des évangiles

  • le prosélytisme cherche à faire adhérer les personnes étrangères au dogme

  • l'homélie est un commentaire public des textes dogmatiques, à l'occasion d'un rite (une messe par exemple)

  • la catéchèse est l'explication verbale du cheminement menant à la foi

  • la théologie est la partie théorique et philosophique de l'approche du dogme (avec ses compartiments métaphysique, ontologique, théogonique)

 

 

 

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