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Un Mythe ?

Le Mythe est une notion ancrée dans l’inconscient collectif, prenant sa source dans un évènement réel, souvent atemporel, qui a été progressivement romancé jusqu’à l’idéalisation. Le mythe s'attache à une connotation sociétale, dans laquelle intervient souvent le sacré (et il est alors le constituant fondamental d'une mythologie religieuse)

Le mythe est souvent accompagné ou modèlisé au moyen de symboles.

Toutefois, au cours des siècles, la définition du mythe s’est étendue (et même diluée) selon l'évolution ci-après :

- dans les civilisations primitives les mythes forment surtout un ensemble d'archétypes de notions socio-morales ou sacrées .Leur regroupement constitue une mythologie (laïque ou religieuse)

Chaque mythe exprime une modèlisation d'un élément de la vie humaine.

Il est construit à travers une histoire certes exemplaire, mais incluant une bonne part de terreur et d'onirisme ludique >> la terreur indique le danger que l'homme court quand il croise les forces démoniaques ambiantes et l'onirisme exprime que la meilleure façon d'échapper au drame est encore de le relativiser par une approche détachée, mais vertueuse

Une entité participative d’un mythe se voit souvent attribuer soit un symbole, soit un emblème spécifique, soit un modèle exemplaire (personnalité humaine), qui servent à l'imager.

Mais attention de ne pas réduire le mythe à une simple allégorie, car elle le détruirait en osant substituer des comparaisons simplistes à la place de ses éléments primordiaux

Exemples de symboles >> le totem (emblême de la vitalité tribale), le phallus (symbole de la force virile), le lion (exemple de la force pure), Jeanne d'Arc (prototype de l'héroïne libertaire)

Il est désormais patent que des mythes primitifs ont pu être transmis oralement pendant 6.000 ans

- aux époques classiques on adjoignit aux mythes et à leurs symboles un rôle d’idéalisation philosophique, de rêve et d'image morale. Par exemple l’épée est devenue emblème de la bravoure, Guillame Tell le symbole du patriotisme, etc....

Et les mythes envahirent alors tous les cas et toutes les formes de cie en société (il y a des mythes sataniques, extrémistes, dictatoriaux, amoraux....)

Pour les mythes de cette période, la prépondérance du symbole, constatée au détriment du déroulement de l'histoire, a finalement entraîné une certaine  démythologisation (du fait de la logique verbale dans laquelle on cerne le mythe, qui enferme littérairement sa valeur)

-à une époque plus moderne de nombreux mythes ont été repris mais modifiés (y compris dans leur thématique, par exemple le mythe de Troïlus)

Et par ailleurs, on a accentué dans le nouveau mythe une fonction d’imagerie et d’exaltation ludique de notre société (avec les personnages qui y sont mêlés)

Ces mythes modernes (dits mythes urbains) ne sont souvent plus qu'une sorte de légende trop bien construite et en général relayée par une diffusion médiatique exacerbée, ce qui accentue artificiellement son importance (publicité, presse, réseaux sociaux....)

Exemples de ces mythes ''urbains'' : le mont Ventoux (symbole de l'effort physique dans le tour de France), la voiture de luxe (emblème de l'orgueil), Marylin (prototype de la femme fatale)....

On peut donc résumer ainsi les définitions >>

Un MYTHE PRIMORDIAL issu d'une réalité récitée, exprime l'IDÉALISATION SYMBOLISÉE et SIGNIFICATIVE des GRANDES QUESTIONS HUMAINES (ORIGINES, DESTIN et MORT)

 

Un MYTHE MODERNE (ou URBAIN) en est une extension édulcorée et rigidifiée, surtout appliquée à l'IDÉALISATION RAISONNEE des DOUTES SOCIETAUX

 

Ces définitions entraînent de devoir rejeter et éliminer toute utilisation dérivante du Mythe ultra moderne, claironnée dans le jargon journalistique où il y a lieu de déplorer des expressions du genre "mythe de l'obésité", "mythe de la crise", "mythe du festival", "mythe du steak frites"...

Chacun de ces thèmes à 4 sous, ne représente en fait qu'un "sujet à la mode", mal maîtrisé par celui qui l'évoque et où ne figure plus aucune idée idéale ou morale. Ignorons vite ces expressions insensées qui ne cherchent qu'à promouvoir le mythe du fade snobisme.

 

Le mythe n’entre pas dans le domaine du discutable, il impose une adhésion, une foi (tempérée de crédulité). Il est une structure archaïque et formelle, dont la perennité s'inscrit dans l'histoire humaine (d’où son ancrage dans notre inconscient).

Il rattache passé, présent et devenir de la communauté humaine, à travers des histoires fondamentales, soit primordiales, soit accessoirement issues de la pénible élaboration de l'évolution sociale.

L'utilité du mythe est de faciliter (entre autres) l'assimilation des questions et épreuves psychiques que l'homme ne cesse de rencontrer

Il présente aussi l'avantage de coordonner la notion laïque à la notion sacrée qui souvent le fonda

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La rigueur terminologique implique de bien distinguer le vrai mythe de quelques autres terminologies et notions proches comme:

- l'allégorie= liaison analogique entre une notion proposée (objet ou idée) et une autre entité (objet, idée ou personne) que l'on souhaite représenter à travers la première.L'allégorie ne peut être un composant du mythe (ce n'est qu'un comparatif, donc déstructurant)

- l'arcane= proposition mystérieuse ou secrète

- la chimère= construction de pensée, vaine et utopique

- le conte (ou apologue) = récit imaginaire (pure invention) à fonction d'enseignement ludique

Le conte est le déroulement d'une histoire, mais pas sa valorisation morale

- la croyance = adhésion à une thèse (ou hypothèse) dogmatique

- l'emblème (possible composant du mythe) = figure symbolique comprenant un insigne, une devise

- l'épopée = récit héroïque merveilleux

- la fable= récit imagé à tendance morale, sans connotation de philosophie ni de croyance

Toutefois les fables anciennes étaient de légers mythes

- le fakelore= faux mythe incorporé à un folklore (lui-même ensemble d'us et rites)

- le fantasme= simple construction imaginaire, portant l'espoir de satisfaire une envie

- la légende= récit historiquement identifiable, où sont exacerbés le merveilleux et la moralité

d'une histoire vraie, mais arrangée pour honorer -ou discréditer- un individu ou un groupe

- le logos= raisonnement logique abstrait et conceptuel

- la magie= ensemble de mythes, relatif aux forces occultes qui pourraient, grâce à des actions formellement réglées, produire des effets sur le destin humain

- la métaphore (qui peut être un composant symbolique du mythe)= comparaison abrégée d'une notion par une autre, plus concrète et plus imagée

- la religion= ensemble de mythes, concernant les besoins d'idéalisme et d'espoirs de l'homme, en les enrobant d'une texture complexe sacrée, qui cristallise lesdits besoins

- le sophisme = raisonnement à apparente validité, mais dont l'énoncé est basé sur une faute logique

- la superstition = croyance envers des doctines religieuses (ou magiques) qui autoriseraient certains actes ou objets à influencer le destin humain

- le symbole (qui est l'un des composants du mythe) = correspondance analogique entre un réel (concret, ou signifiant) avec sa représentation abstraite ou même inconsciente (nommé le signifié).

Le symbole peut aussi être considéré comme la liaison entre le verbe (qui exprime le concret) et l'esprit (qui conçoit l'abstrait)

 

L'étude des (vrais) mythes se répartit en 4 grands chapitres

1.L'être humain

2.Ses besoins vitaux

3.Ses peurs

4.Ses religions

 

-BIBLIOGRAPHIE

Contes et légendes des Vikings d'Alan Boucher (Poche)

Dictionnaire de mythologie de Robert Jacques Thibaud (Dervy)

Dictionnaire de la mythologie germano-scandinave de Simek & Guelpa.

Dictionnaire des mythologies d'Yves Bonnefoy (Flammarion)

Dieux et mythes nordiques de Patrick Guelpa.

Encyclopédies Larousse et Universalis

Encyclopédie Mythologique d'Arthur Cotterell

Héros et dieux du Nord : guide iconographique de Régis Boyer.

Legendes de la mythologie nordique de Jean Mabire

Mythes et dieux de la Scandinavie ancienne de Georges Dumézil.

Mythes et légendes du monde entier (Editions Lodi)

Mythes nordiques de Raymond Ian (Seuil)

Mythes et mythologie de Félix Guirand et Joël Schmidt (Larousse)

Odin et les légendes scandinaves de Gilles Ortlieb (Laffont)

Vérité des mythes de Peter Kingsley (Belles lettres)